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Qu’est-ce que la chirurgie parodontale ?

Margaux Bunel
22
January 2026
6
minutes de lecture
Qu’est-ce que la chirurgie parodontale ?
A retenir :
  • La chirurgie parodontale est le plus souvent proposée après un traitement non chirurgical et une réévaluation.
  • Son objectif principal est de réduire les poches parodontales et de stabiliser la maladie.
  • L’intervention se déroule généralement sous anesthésie locale, en ambulatoire.
  • Les suites peuvent inclure une gêne ou un saignement modéré les premiers jours.
  • Une hygiène rigoureuse et un suivi régulier conditionnent le succès à long terme.
  • Certains signaux d’alerte après l’intervention doivent amener à recontacter le praticien.

La chirurgie parodontale est souvent envisagée après un premier traitement parodontal (détartrage, surfaçage) et une réévaluation clinique. Cette étape peut inquiéter, mais elle s’inscrit le plus souvent dans un parcours de soins progressif et raisonné, lorsque l’inflammation persiste ou que certaines zones restent difficiles à assainir.

L’objectif de ce guide est de vous aider à comprendre quand la chirurgie est indiquée, comment se déroule l’intervention (généralement en ambulatoire, sous anesthésie locale), ce qu’il faut prévoir après, et quelles alternatives peuvent être proposées selon votre situation. L’idée n’est pas de dramatiser, mais d’expliquer clairement les enjeux et les bénéfices attendus.

Chirurgie parodontale : de quoi parle-t-on exactement ? 🦷

🧾 Mini glossaire
  • Poche parodontale : espace anormal entre la dent et la gencive, lié à la perte des tissus de soutien.
  • Surfaçage radiculaire : nettoyage approfondi des racines pour retirer bactéries et dépôts sous la gencive.
  • Lambeau : décollement temporaire de la gencive pour accéder aux zones profondes et nettoyer précisément.
  • Régénération : techniques visant à favoriser la reconstruction de certains tissus parodontaux, selon les indications.
  • Contention / contrôle de la plaque : mesures pour stabiliser les dents et limiter l’accumulation de plaque bactérienne 🪥.

Le problème de départ : poches parodontales et tissus de soutien

La chirurgie parodontale concerne les tissus qui maintiennent les dents en place : la gencive, l’os et le ligament parodontal. Lorsque ces tissus sont touchés par une inflammation chronique (parodontite), des poches parodontales peuvent se former entre la dent et la gencive.


Ces poches deviennent difficiles, parfois impossibles, à nettoyer correctement au quotidien 🪥. Elles favorisent l’accumulation de bactéries et entretiennent la maladie, avec un risque de mobilité dentaire ou de perte de dents à long terme.

Pour mieux comprendre l’origine et l’évolution de ces atteintes, vous pouvez consulter notre article dédié à la maladie du parodonte.

Objectif du traitement parodontal ✅

Le traitement parodontal, qu’il soit chirurgical ou non, n’a pas pour but de “refaire une gencive neuve”, mais de contrôler l’infection, de réduire l’inflammation et de créer des conditions favorables à une stabilité durable.


L’enjeu principal est la préservation des dents naturelles 🦷, en rendant les zones atteintes à nouveau accessibles à l’hygiène et au suivi professionnel.

La chirurgie s’inscrit donc comme un outil parmi d’autres, au service d’un objectif global : stabiliser la situation sur le long terme.

Pourquoi la chirurgie n’est pas systématique ? 🔎

Dans la majorité des cas, le parcours commence par un traitement non chirurgical : détartrage approfondi, surfaçage radiculaire et amélioration de l’hygiène. Une réévaluation clinique est ensuite réalisée pour mesurer la réponse des tissus.


Si les poches diminuent et que l’inflammation est contrôlée, la chirurgie peut ne pas être nécessaire 👍. En revanche, lorsque certaines zones restent profondes ou inflammatoires malgré ce premier temps, la chirurgie peut être proposée de façon ciblée.

C’est tout l’intérêt du bilan parodontal : objectiver la situation avant de décider d’une intervention.

Dans quels cas la chirurgie parodontale est-elle indiquée ? 🔎

Indication la plus fréquente : poches persistantes après assainissement + réévaluation

Dans la grande majorité des situations, la chirurgie n’est envisagée qu’après un traitement non chirurgical (détartrage approfondi, surfaçage radiculaire) suivi d’une réévaluation clinique.


Si, malgré ce premier temps, certaines poches parodontales restent profondes ou inflammatoires, la chirurgie peut être proposée de manière ciblée. L’objectif est alors d’accéder à des zones difficiles à nettoyer pour stabiliser durablement la situation.

Indications “type”

Selon le bilan, la chirurgie peut être discutée dans plusieurs contextes, par exemple :

  • accès chirurgical pour nettoyer en profondeur des zones inaccessibles autrement
  • défauts infra-osseux, où des approches régénératrices peuvent être envisagées selon le cas
  • atteintes de furcation (zones entre les racines de certaines dents)
  • situations muco-gingivales (gencive fine, récessions) lorsque l’objectif est de protéger ou d’épaissir les tissus.

Ces indications sont toujours appréciées au cas par cas, en tenant compte de l’hygiène, des facteurs généraux et des attentes du patient.

À qui s’adresse l’intervention (et qui la réalise)

La chirurgie parodontale s’adresse à des patients chez qui la maladie parodontale ne peut pas être contrôlée uniquement par des moyens non chirurgicaux.

Selon la complexité, l’intervention peut être réalisée par le chirurgien-dentiste traitant formé à la parodontologie, ou par un parodontiste (orientation spécialisée). Cette orientation répond à une logique de compétence et de sécurité, pas à une gravité systématique.

Quelles alternatives à la chirurgie ? ✅

Assainissement parodontal : détartrage + surfaçage radiculaire

Le traitement de base des maladies parodontales repose sur un assainissement minutieux des surfaces dentaires et des racines. Dans de nombreux cas, ce traitement permet déjà de réduire significativement l’inflammation et la profondeur des poches, rendant la chirurgie inutile.

Contrôle de plaque et maintenance parodontale : la clé de la stabilité

La stabilité à long terme dépend avant tout du contrôle de la plaque bactérienne et d’une maintenance régulière. Des visites de suivi programmées permettent d’anticiper une reprise de l’inflammation et d’adapter la prise en charge sans recourir à la chirurgie.

Adjuvants : à quoi ils servent (et leurs limites)

Certains moyens complémentaires peuvent être proposés selon les situations (antiseptiques locaux, approches ciblées, dispositifs spécifiques). 

Ils peuvent aider à contrôler l’inflammation, mais ne remplacent ni l’hygiène, ni l’assainissement mécanique. Il ne s’agit pas de solutions miracles, mais d’outils d’accompagnement dans des cas sélectionnés.

Les grands types de chirurgie parodontale 🧩

Il n’existe pas une chirurgie parodontale, mais plusieurs techniques, choisies en fonction du type de lésion, de la profondeur des poches, de l’anatomie osseuse et des objectifs du traitement. Le choix se fait toujours après un bilan précis.

Chirurgie d’accès (lambeau) : nettoyer et réduire les poches

C’est la technique la plus courante. Elle consiste à décoller temporairement la gencive afin d’accéder directement aux racines et à l’os sous-jacent.

Cela permet un nettoyage minutieux des zones profondes, impossible à atteindre autrement, puis une remise en place de la gencive dans des conditions favorables à la cicatrisation.

Chirurgie résectrice : remodelage osseux selon indication

Dans certains cas, la forme de l’os favorise la persistance des poches. La chirurgie résectrice vise alors à remodeler légèrement l’os pour réduire ces zones à risque.

Cette approche est discutée avec prudence : elle répond à des indications précises et s’inscrit dans une logique de contrôle de la maladie, pas d’esthétique.

Chirurgie régénératrice : reconstruire certains tissus (selon le défaut)

Lorsque la configuration du défaut osseux s’y prête, des techniques dites régénératrices peuvent être proposées. Elles utilisent des biomatériaux (membranes, substituts osseux) pour favoriser la reconstruction partielle des tissus de soutien.

Ces techniques ne sont pas systématiques et leurs résultats dépendent fortement de l’anatomie, de l’hygiène et du suivi.

Chirurgie muco-gingivale : greffe gingivale ou conjonctive

Cette chirurgie concerne surtout la qualité et l’épaisseur de la gencive. Elle peut être indiquée pour :

  • protéger une racine exposée
  • renforcer une gencive trop fine
  • améliorer le confort et faciliter l’hygiène

L’objectif est avant tout fonctionnel et préventif, même si l’aspect esthétique peut être un bénéfice secondaire.

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Comment se déroule une chirurgie parodontale ? 🗓️

Avant : préparation : 

Avant l’intervention, le praticien vérifie que l’inflammation est contrôlée et rappelle les consignes d’hygiène

Certains traitements médicaux doivent être signalés (anticoagulants, antiagrégants) et une coordination avec le médecin peut être nécessaire. L’objectif est de sécuriser l’acte et d’optimiser la cicatrisation.

Pendant : l’intervention elle-même

La chirurgie se déroule généralement sous anesthésie locale. La gencive est décollée de façon contrôlée, les zones atteintes sont nettoyées avec précision, puis la gencive est repositionnée et suturer si besoin. L’intervention est le plus souvent ambulatoire.

Après immédiat : premières consignes

Un pansement peut être posé selon la technique utilisée. Le patient repart avec des consignes écrites (hygiène, alimentation, médicaments si prescrits) et un rendez-vous de contrôle est planifié.

Suites opératoires : ce qui est normal, ce qui doit alerter 🙂

✅ Timeline de récupération (repères)
J0
Intervention + consignes : la zone est sensible, repos et hygiène adaptée.
J2
Pic possible de gêne/gonflement : l’objectif est que la douleur reste contrôlable et commence à décroître.
J7–10
Contrôle fréquent + retrait de points si nécessaire : reprise progressive d’une hygiène plus “normale” selon consignes.
S3–4
Cicatrisation en bonne voie : la sensibilité diminue, l’entretien devient plus simple.
M2–3
Réévaluation possible : stabilité, poches, saignement et plan de maintenance sur le long terme.

Les 48–72 premières heures : douleur, gonflement, saignement léger possibles

✅ Vrai / Faux
“La chirurgie guérit définitivement.”
Faux. Elle aide à stabiliser, mais le maintien dépend aussi de l’hygiène et de la maintenance.
“Si ça saigne un peu, c’est forcément grave.”
Souvent faux. Un saignement léger peut être normal au début. Ce qui compte, c’est l’intensité et l’évolution.
“La maintenance est secondaire.”
Faux. Le suivi régulier fait partie intégrante du traitement et conditionne le résultat.

Après une chirurgie parodontale, il est fréquent de ressentir une gêne locale, parfois une douleur modérée, et d’observer un léger saignement (notamment lors du brossage ou au réveil). 

Un gonflement peut aussi apparaître, surtout si plusieurs zones ont été traitées.
Ces réactions sont en général transitoires et s’améliorent progressivement dans les premiers jours. 

Hygiène et alimentation 🪥

L’erreur la plus fréquente est de vouloir “trop nettoyer” la zone opérée, ou au contraire de ne plus rien faire. Le bon équilibre consiste à respecter les consignes données par le praticien, car elles dépendent de la technique utilisée (lambeau, greffe, régénération…).

Côté alimentation, l’idée est d’éviter ce qui traumatise la zone : aliments durs, très chauds, très épicés, ou qui se coincent facilement. 

⚠️ Recontactez le praticien si vous observez :
  • un saignement important qui persiste malgré les consignes
  • une douleur qui augmente au lieu de diminuer
  • de la fièvre, un malaise, ou un état général qui se dégrade
  • une suppuration (goût/écoulement) ou une mauvaise odeur inhabituelle
  • un gonflement asymétrique marqué ou qui s’aggrave

Pour les pros : se former 🎓

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