La parodontite est une maladie qui touche les gencives et l’os qui soutient les dents. Contrairement à la gingivite — inflammation superficielle et réversible — la parodontite entraîne une perte d’attache progressive qui peut aller jusqu’à la mobilité dentaire.
La bonne nouvelle : avec un traitement adapté et mis en place suffisamment tôt, il est généralement possible de stabiliser la maladie, d’éviter la progression et de conserver ses dents.
Ce guide vous explique les différentes étapes du traitement (non chirurgical et chirurgical), le rôle essentiel de l’hygiène quotidienne, les moyens d’éviter les récidives, ainsi que les coûts et le parcours de soins.
Pour découvrir la maladie dans son ensemble, vous pouvez aussi consulter notre guide dédié sur la parodontite.
🦷 Rappel express : qu’est-ce que la parodontite ?
Parodonte, gingivite, parodontite : bien faire la différence
Le parodonte regroupe l’ensemble des tissus qui soutiennent vos dents :
• la gencive, qui protège les structures profondes ;
• le ligament parodontal, qui joue le rôle d’amortisseur ;
• l’os alvéolaire, dans lequel les dents s’ancrent ;
• le cément, situé sur la racine, indispensable à la fixation du ligament.
C’est un système de soutien. Lorsqu’il fonctionne bien, il maintient chaque dent stable tout en absorbant les forces de mastication.
La gingivite correspond au premier stade : une simple inflammation superficielle de la gencive (rougeur, saignements). À ce stade, tout peut revenir à la normale avec un traitement adapté.
La parodontite, elle, est une maladie plus profonde du parodonte. Elle entraîne une perte d’attache, la formation de poches autour des dents, puis une destruction progressive de l’os. Sans prise en charge, cela peut aller jusqu’à la mobilité puis la perte de dents.
👉 Pour approfondir les bases, vous pouvez consulter notre guide complet pour comprendre la parodontologie.
🦷 Avant tout, un diagnostic : comment évaluer la parodontite ?
La consultation et l’examen parodontal
Le diagnostic repose sur un bilan clinique et radiologique précis, réalisé par un chirurgien-dentiste ou un parodontologue.
Lors de la première consultation, le praticien commence par un interrogatoire ciblé : présence de saignements, douleurs, habitudes de brossage, tabagisme, diabète, antécédents familiaux de parodontite… Ces informations orientent l’évaluation du risque.
L’examen se poursuit par un sondage parodontal, qui consiste à mesurer la profondeur des poches autour de chaque dent. Le dentiste observe également la présence de récessions gingivales, la mobilité dentaire et l’inflammation.
Des radiographies complètent le bilan : un panoramique pour une vue globale et des clichés rétroalvéolaires pour mesurer finement la perte osseuse.
Pour en savoir plus sur la démarche complète, consultez notre guide dédié au bilan parodontal.
Dépistage précoce : pourquoi cela change tout
Plus la maladie est identifiée tôt, plus le traitement est simple et efficace.
Un dépistage dès la gingivite ou la parodontite débutante permet d’éviter la progression vers des poches profondes ou une destruction osseuse plus sévère.
En cabinet, le dentiste peut utiliser des indices simplifiés (comme le PSR) pour dépister rapidement la maladie et alerter le patient sur les zones à risque.
Pour comprendre comment ce dépistage fonctionne, découvrez notre guide pour dépister les maladies parodontales.
🦷 Les grandes étapes du traitement : une démarche par phases
Le traitement de la parodontite ne se fait pas en une seule séance. Les recommandations professionnelles (EFP, HAS) décrivent une démarche par étapes, structurée et progressive.
Chaque phase a un objectif précis : réduire l’inflammation, éliminer la plaque et le tartre, stabiliser la maladie puis éviter les récidives.
Phase 1 : contrôle de la plaque et des facteurs de risque
Première étape indispensable : réduire l’inflammation en agissant sur tout ce qui favorise la maladie.
Le dentiste accompagne le patient sur :
- l’hygiène bucco-dentaire (brossage 2×/jour, technique, choix de la brosse, nettoyage interdentaire),
- la gestion du tabac, qui accélère fortement la progression de la maladie,
- l’équilibre du diabète, essentiel car les deux maladies s’influencent mutuellement,
- les habitudes alimentaires, en limitant le sucre, l’alcool et les irritants.
Cette phase conditionne la réussite de toute la suite. Sans contrôle de la plaque, les autres traitements perdent en efficacité.
Phase 2 : traitement non chirurgical
C’est la “phase de grand nettoyage”.
Le praticien réalise un détartrage–surfaçage radiculaire, c’est-à-dire une instrumentation sous-gingivale segment par segment.
L’objectif : enlever le tartre sous la gencive, désorganiser le biofilm bactérien et permettre une cicatrisation.
La majorité des patients observent déjà :
- une baisse des saignements,
- une diminution de l’inflammation,
- parfois une réduction nette de la profondeur des poches.
Phase 3 : réévaluation et traitements complémentaires
Quelques semaines après la phase non chirurgicale, une réévaluation est réalisée.
Le dentiste mesure :
- les poches résiduelles,
- le saignement,
- la qualité de l’hygiène,
- la stabilité ou non de certaines dents.
Selon la réponse au traitement, plusieurs options :
- poursuivre une phase non chirurgicale,
- ajouter un traitement adjuvant (antiseptiques, antibiotiques ciblés),
- proposer une chirurgie parodontale sur certaines zones persistantes.
Phase 4 : maintenance parodontale
La maintenance est importante pour éviter une rechute. Elle consiste en des séances régulières (tous les 3, 4 ou 6 mois) comprenant :
- un nettoyage professionnel,
- la vérification des poches,
- l’ajustement de l’hygiène,
- le contrôle des facteurs de risque (tabac, diabète…).
Sans maintenance, même un excellent traitement peut échouer à long terme.
🦷 Traitements non chirurgicaux : la base du traitement
Détartrage–surfaçage radiculaire : en quoi cela consiste ?
C’est l’étape centrale du traitement de la parodontite.
Le surfaçage radiculaire consiste à nettoyer en profondeur sous la gencive, dans les poches parodontales où s’accumulent plaque et tartre. Le praticien utilise des instruments manuels (curettes) et/ou des ultrasons pour désorganiser le biofilm bactérien.
L’acte est réalisé sous anesthésie locale, en une ou plusieurs séances selon l’étendue de la maladie.
Les effets attendus sont généralement rapides :
- diminution des saignements 🩸,
- réduction des poches parodontales,
- meilleure stabilité et confort des dents,
- baisse durable de l’inflammation.
Cette étape améliore déjà nettement la situation pour la majorité des patients.
Rôle des antiseptiques et adjuvants locaux
Selon la sévérité et l’inflammation, le dentiste peut recommander des antiseptiques locaux :
- des bains de bouche (souvent à la chlorhexidine),
- des gels ou solutions antiseptiques appliqués directement dans certaines poches,
- éventuellement des adjuvants destinés à réduire la charge bactérienne.
👉 Leur utilisation doit être limitée dans le temps, car un usage prolongé peut provoquer des colorations, modifier le goût ou déséquilibrer le microbiote buccal.
Ils ne remplacent jamais un surfaçage, mais peuvent en améliorer l’efficacité.
🧪 Antibiotiques, lasers et autres adjuvants : dans quels cas ?
Antibiothérapie systémique : des indications limitées
Les antibiotiques ne sont pas le traitement principal de la parodontite. La base du soin reste toujours le détartrage–surfaçage, qui élimine mécaniquement le biofilm responsable de l’inflammation.
L’antibiothérapie systémique peut être utilisée dans certaines situations particulières :
- parodontites sévères ou rapides dans leur évolution,
- formes dites agressives,
- personnes présentant un risque médical particulier (maladies systémiques, immunité fragilisée),
- présence de bactéries spécifiques identifiées dans certains contextes.
Son usage est encadré car les antibiotiques exposent à un risque d’antibiorésistance. Ils ne sont prescrits qu’après évaluation individuelle, et toujours en complément du traitement mécanique.
Antibiotiques locaux et lasers
Dans certaines poches parodontales profondes ou difficiles d’accès, le praticien peut proposer :
- des antibiotiques locaux (micro-dosages déposés directement dans la poche),
- des technologies comme le laser ou des dispositifs de décontamination assistée.
Ces adjuvants peuvent apporter un bénéfice supplémentaire, mais il est essentiel de rappeler qu’ils ne remplacent jamais le surfaçage radiculaire.
Les preuves scientifiques sur certains dispositifs restent variées : leur efficacité dépend du cas clinique, de la technique utilisée et du suivi du patient.
🏥 Traitements chirurgicaux parodontaux
Lorsque les poches parodontales restent profondes malgré le traitement non chirurgical, ou lorsque la perte osseuse a créé des défauts anatomiques particuliers, une intervention chirurgicale peut être indiquée.
Ces traitements ciblent des zones précises afin d’améliorer l’accès au nettoyage, de favoriser la régénération ou de corriger des récessions gingivales gênantes.
Chirurgie d’assainissement (lambeaux)
Cette intervention vise à soulever délicatement la gencive pour accéder directement aux poches profondes. Elle permet au professionnel :
- de nettoyer plus précisément les zones inaccessibles en simple surfaçage,
- de retirer le tartre profond et les tissus inflammatoires,
- de remodeler les défauts osseux lorsque c’est nécessaire.
C’est un traitement ciblé, proposé uniquement lorsque certaines zones restent pathologiques malgré les phases précédentes.
Chirurgie régénératrice
Dans certains types de défauts osseux (défauts infra-osseux, cratères verticaux…), il est possible de tenter une régénération tissulaire guidée. Selon les cas, le praticien peut utiliser :
- des biomatériaux osseux,
- des membranes,
- des techniques de greffes,
- ou des facteurs favorisant la réparation tissulaire.
L’objectif est de favoriser la reconstruction du parodonte lorsque la configuration de la lésion le permet.
Greffes gingivales et gestion des récessions
Lorsque les gencives se rétractent, exposant la racine de la dent, il est parfois proposé une greffe gingivale. Elle permet :
- de protéger la racine exposée,
- de réduire la sensibilité au froid ou au chaud,
- d’améliorer l’esthétique du sourire,
- de renforcer la stabilité gingivale à long terme.
Ces interventions sont réalisées dans des indications précises, après stabilisation de l’inflammation.
🔁 Maintenance parodontale : garder le cap sur le long terme
Pourquoi la maintenance est indispensable
Après un traitement parodontal, la maladie peut revenir si l’entretien n’est pas régulier.
Les études montrent qu’en l’absence de suivi, le risque de récidive, de nouvelle perte osseuse et de mobilité dentaire augmente fortement.
La maintenance vise à maintenir l’inflammation à zéro et à préserver les résultats obtenus.
À quoi ressemble une séance de maintenance ?
Elle comprend en général :
- un contrôle de l’état des gencives et des zones inflammées,
- la mesure ciblée de certaines poches parodontales,
- un nettoyage professionnel adapté (ultrasons, polissage, irrigation),
- un rappel des gestes d’hygiène : brossage, brossettes, zones à surveiller, conseils personnalisés.
Chaque visite permet d’intervenir tôt si une zone se réactive.
Fréquence des visites
La fréquence dépend du niveau de risque du patient :
- tous les 3 mois pour les personnes à haut risque (diabète, tabac, poches résiduelles),
- tous les 4 à 6 mois pour stabiliser durablement la maladie,
- parfois une fois par an si la situation est parfaitement contrôlée.
Le dentiste fixe un calendrier personnalisé en fonction de l’évolution.
🔄 Éviter les récidives : conseils pratiques sur le long terme
Une parodontite stabilisée peut revenir si l’inflammation se réactive. L’objectif est donc de repérer les signaux faibles et d’agir vite.
Les premiers signes de rechute sont souvent discrets :
- un saignement lors du brossage,
- une légère sensibilité ou gêne sur une zone précise,
- une mauvaise haleine inhabituelle,
- une impression de gencive un peu “gonflée”.
Ces symptômes doivent inciter à reprendre rapidement contact avec son dentiste, sans attendre le rendez-vous annuel.
La fréquence de maintenance peut aussi être ajustée en fonction des périodes de vie : stress, maladie systémique, grossesse, changements hormonaux, tabac… autant de facteurs qui peuvent favoriser une réactivation.
💰 Coût, devis et remboursement : à quoi s’attendre ?
Ce qui peut être pris en charge
Certains actes liés au traitement parodontal bénéficient d’une prise en charge partielle par l’Assurance Maladie.
C’est le cas du détartrage simple et de quelques actes de surfaçage radiculaire lorsque les codes existants le permettent (selon les référentiels Ameli). Cependant, la prise en charge reste limitée.
Ce qui reste souvent à la charge du patient
La majorité des soins parodontaux spécialisés ne sont pas remboursés ou le sont très faiblement. Cela concerne notamment :
- les chirurgies parodontales,
- les biomatériaux ou membranes de régénération,
- certaines techniques de surfaçage avancé.
Les complémentaires santé (mutuelles) peuvent améliorer le remboursement, mais les niveaux varient beaucoup selon les contrats.
Parcours financier pratique
Avant de débuter, il est essentiel de demander un devis détaillé. Le praticien peut expliquer :
- les étapes prévues et leurs coûts,
- les alternatives possibles,
- ce qui est remboursé ou non,
- la fréquence des séances et le budget global estimé.
Un échange transparent permet de construire un plan de traitement adapté à la fois médicalement et financièrement.
🧑⚕️ Quel professionnel consulter, et à quel moment ?
Dentiste généraliste
Le dentiste généraliste est le premier interlocuteur en cas de saignement des gencives, mauvaise haleine persistante ou suspicion de parodontite.
Il réalise le dépistage, le bilan parodontal initial, les premiers soins (détartrage, surfaçage) et coordonne la suite du parcours si nécessaire.
Dans la majorité des cas, le traitement de base est assuré directement au cabinet dentaire.
Parodontologiste
Lorsque la maladie est avancée, complexe, évolue rapidement, ou qu’une chirurgie parodontale est nécessaire, le dentiste peut orienter vers un parodontologiste.
Ce spécialiste gère :
- les parodontites sévères ou agressives,
- les poches profondes persistantes,
- les greffes gingivales ou techniques de régénération,
- la prise en charge de patients à risque particulier.
Son intervention permet de stabiliser des situations plus difficiles ou réfractaires.
Coordination avec le médecin traitant
La parodontite entretient des liens avec plusieurs maladies générales.
Dans certains cas, une coordination avec le médecin traitant est utile, notamment si le patient présente :
- un diabète (dont l’équilibre influence fortement l’évolution),
- des maladies cardiovasculaires,
- une MICI (Crohn, RCH),
- des troubles immunitaires ou des traitements pouvant modifier la réponse inflammatoire.
Cette approche globale permet de mieux contrôler la maladie et d’adapter le plan de soins.
FAQ :
Le traitement de la parodontite fait-il mal ?
Les soins sont réalisés sous anesthésie locale. Le détartrage–surfaçage peut provoquer une sensibilité légère les jours suivants, mais la grande majorité des patients le tolère très bien. La douleur est généralement bien moindre que ce que l’on imagine.
Peut-on vraiment sauver des dents mobiles ?
Oui, dans de nombreux cas. Si la mobilité est liée à une inflammation active, le traitement peut stabiliser les tissus et améliorer la situation. En revanche, si la perte osseuse est très avancée, le dentiste évaluera ce qui peut être conservé ou non.
Combien de temps dure un traitement complet ?
La phase de traitement initial s’étale souvent sur quelques semaines. La réévaluation intervient ensuite après 6 à 12 semaines. La maintenance, elle, se poursuit sur le long terme, à raison de plusieurs visites par an selon le risque.
Une parodontite peut-elle revenir après traitement ?
Oui. C’est une maladie chronique : même si elle est stabilisée, elle peut récidiver en cas d’hygiène insuffisante, de tabac, de stress ou de pathologies associées comme le diabète. D’où l’importance de la maintenance régulière.
Faut-il forcément faire de la chirurgie ?
Non. La majorité des patients répondent au traitement non chirurgical. La chirurgie est réservée aux poches profondes qui persistent malgré le surfaçage ou à certains défauts anatomiques spécifiques.
Parodontite et implants : est-ce compatible ?
Oui, mais uniquement si la maladie est stabilisée. Un terrain parodontal non contrôlé augmente le risque de péri-implantite (inflammation autour de l’implant). Une évaluation et une stabilisation sont indispensables avant un projet implantaire.
Le laser remplace-t-il le surfaçage radiculaire ?
Non. Les lasers peuvent être utilisés comme adjuvants, mais ils ne remplacent pas le traitement mécanique, qui reste la base. Leur intérêt dépend des cas et doit être apprécié par le clinicien.
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