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Parodontite : quels traitements pour sauver ses dents ?

Parodontite : quels traitements pour sauver ses dents ?
Margaux Bunel
23
June 2026
5
minutes de lecture
Parodontite : quels traitements pour sauver ses dents ?

🦷 L'essentiel à retenir sur le traitement de la parodontite

  • Tout commence par un bilan parodontal qui établit un diagnostic personnalisé et le plan de traitement.
  • Le traitement non chirurgical d'abord : détartrage puis surfaçage radiculaire, suffisant dans la majorité des cas.
  • La chirurgie n'intervient que si des poches profondes persistent après réévaluation.
  • Les antibiotiques ne sont pas systématiques : ils complètent le traitement mécanique dans certains cas seulement.
  • L'hygiène quotidienne et la maintenance (tous les 3 à 6 mois) sont la clé pour éviter les récidives.
  • Remboursement limité : la plupart des actes sont hors nomenclature. Une mutuelle avec forfait parodontologie est précieuse.

Vous venez d'apprendre que vous souffrez de parodontite et vous vous demandez comment cela se soigne ? Bonne nouvelle : il existe aujourd'hui des traitements efficaces, le plus souvent non chirurgicaux, qui permettent de stopper la maladie et de conserver ses dents. La clé du succès tient en trois mots : diagnostic précoce, traitement adapté et entretien régulier.

Ce guide détaille toutes les étapes du traitement de la parodontite, les options non chirurgicales et chirurgicales, le rôle central de l'hygiène, les tarifs à prévoir et les conseils pour éviter les récidives.

Rappel : qu'est-ce que la parodontite ?

La parodontite est une maladie inflammatoire d'origine bactérienne qui détruit progressivement les tissus de soutien de la dent (gencive, ligament, os). Elle fait suite à une gingivite non traitée. Pour tout comprendre sur la maladie elle-même, ses causes et ses symptômes, consultez notre article dédié sur la parodontite.

Le principe directeur du traitement est important à saisir : on ne "répare" pas spontanément l'os déjà détruit, mais on peut arrêter la progression de la maladie et stabiliser durablement la situation. Plus le traitement commence tôt, plus il est simple, efficace et conservateur.

Le point de départ : le bilan parodontal

Aucun traitement ne commence sans un diagnostic personnalisé. Le bilan parodontal est l'étape fondatrice : il détermine le stade exact de la maladie et oriente tout le plan de soin.

Le praticien mesure la profondeur des poches parodontales avec une sonde graduée, évalue le saignement au sondage, la perte d'attache et la mobilité dentaire, et réalise des radiographies pour apprécier la perte osseuse. Ce bilan permet d'établir un plan de traitement sur mesure et servira de référence pour mesurer les progrès. C'est aussi à ce stade que sont identifiés les facteurs aggravants à corriger (tabac, diabète, hygiène).

Les traitements non chirurgicaux : la première ligne

La très grande majorité des parodontites se traitent sans chirurgie. C'est toujours par là que l'on commence.

⚖️ Traitement non chirurgical et chirurgical

🦷 Traitement non chirurgical

Première intention

En quoi : détartrage et surfaçage radiculaire (nettoyage des racines sous la gencive)

Anesthésie : locale, en plusieurs séances

Pour qui : la grande majorité des parodontites

Objectif : éliminer les bactéries et stabiliser la maladie

🔬 Traitement chirurgical

Si nécessaire

En quoi : chirurgie d'assainissement, régénération osseuse, greffes

Anesthésie : locale, acte spécialisé

Pour qui : poches profondes persistant après réévaluation

Objectif : accéder aux zones inaccessibles, régénérer les tissus

Le détartrage

Première étape : l'élimination du tartre et de la plaque visibles, au-dessus de la gencive. C'est la base de l'assainissement, mais cela ne suffit pas en cas de parodontite, car les bactéries se logent aussi sous la gencive.

Le surfaçage radiculaire (détartrage sous-gingival)

C'est le cœur du traitement non chirurgical. Le surfaçage radiculaire, aussi appelé détartrage sous-gingival ou curetage, consiste à nettoyer en profondeur la surface des racines sous la gencive, là où le détartrage classique n'atteint pas. Réalisé sous anesthésie locale, à l'aide d'instruments à ultrasons et de curettes, il élimine le tartre et les bactéries logés dans les poches parodontales.

Ce traitement se déroule généralement en plusieurs séances, souvent une par quadrant ou par sextant de la bouche, réparties sur quelques semaines. Il est indolore pendant l'acte grâce à l'anesthésie, avec une sensibilité possible pendant un à deux jours après chaque séance.

Les traitements complémentaires

Selon les cas, le praticien peut associer des antiseptiques locaux (bains de bouche à la chlorhexidine en cure courte), parfois un traitement au laser pour réduire l'inflammation et assainir les poches, et un travail d'éducation à l'hygiène personnalisé, déterminant pour la suite.

Quand des antibiotiques sont-ils nécessaires ?

C'est une question fréquente, et la réponse mérite de la nuance. Les antibiotiques ne sont pas systématiques dans le traitement de la parodontite. Le traitement mécanique (détartrage, surfaçage) reste la base : c'est lui qui élimine le biofilm bactérien, et aucun antibiotique ne peut le remplacer.

Les antibiotiques sont réservés à des situations particulières : certaines formes agressives ou à progression rapide, les abcès parodontaux, ou certains contextes médicaux particuliers. Ils peuvent être prescrits par voie générale ou appliqués localement dans les poches. Leur usage est encadré pour éviter les résistances bactériennes : ils viennent en complément du traitement mécanique, jamais à sa place. La décision revient au praticien, après évaluation.

La réévaluation : une étape clé

Quelques semaines après le traitement non chirurgical, une réévaluation est indispensable. Le praticien contrôle la cicatrisation, mesure à nouveau la profondeur des poches et le saignement, et compare avec le bilan initial.

Dans une majorité de cas, le traitement non chirurgical suffit à stabiliser la maladie : les poches diminuent, l'inflammation régresse, le saignement disparaît. Si certaines poches profondes persistent malgré un bon contrôle de plaque, une étape chirurgicale peut alors être envisagée. Cette réévaluation évite de recourir à la chirurgie inutilement.

Les traitements chirurgicaux : quand le non-chirurgical ne suffit pas

La chirurgie parodontale ne concerne qu'une minorité de situations, lorsque les poches restent profondes après le traitement initial. Elle est toujours réalisée après assainissement et sur des gencives déjà moins inflammatoires.

🔬 Les interventions chirurgicales parodontales

Chirurgie d'assainissement par lambeau

La gencive est délicatement soulevée pour accéder aux racines et nettoyer en profondeur les zones autrement inaccessibles.

Régénération osseuse guidée

Pose d'une membrane et parfois d'un substitut osseux pour favoriser la reconstruction des tissus de soutien détruits.

Comblement osseux

Apport de matériau pour combler une perte osseuse localisée autour de la dent.

Greffe gingivale

Renforce une gencive trop fine ou recouvre une racine exposée par la récession gingivale.

Ces interventions sont toujours réalisées après assainissement, sur des gencives moins inflammatoires.

Les principales interventions sont la chirurgie d'assainissement par lambeau (la gencive est délicatement soulevée pour accéder aux racines et nettoyer en profondeur les zones inaccessibles autrement), la régénération osseuse guidée (pose d'une membrane et parfois d'un substitut osseux pour favoriser la reconstruction des tissus détruits), le comblement osseux, et les greffes gingivales pour traiter les récessions et renforcer la gencive. Ces actes relèvent d'une expertise parodontale spécialisée.

Le rôle central de l'hygiène bucco-dentaire

C'est le point le plus important de tout le traitement, et il dépend en grande partie du patient. Aucun traitement parodontal ne tient dans la durée sans un contrôle de plaque rigoureux au quotidien. Le praticien élimine les bactéries installées, mais c'est le brossage quotidien qui empêche leur retour.

✅ L'hygiène quotidienne : la clé du succès

  • Brossage 2 fois par jour avec une technique adaptée et une brosse souple, au moins 2 minutes.
  • Nettoyage interdentaire quotidien : brossettes adaptées à la taille des espaces, ou fil dentaire. Indispensable.
  • Suivez les conseils personnalisés de votre praticien sur la technique et les outils adaptés à votre cas.
  • Arrêt du tabac et contrôle du diabète : deux leviers majeurs pour la réussite du traitement.

💡 Le praticien élimine les bactéries installées, mais c'est votre brossage quotidien qui empêche leur retour.

Le contrôle de plaque repose sur un brossage efficace deux fois par jour (technique adaptée, brosse souple), un nettoyage interdentaire quotidien indispensable (brossettes adaptées à la taille des espaces, ou fil dentaire), et le suivi des conseils personnalisés du praticien. Une bonne maîtrise de ces gestes fait la différence entre un traitement qui réussit durablement et une récidive.

Éviter les récidives : la maintenance parodontale

La parodontite est une maladie chronique : une fois stabilisée, elle demande une surveillance à vie. C'est le rôle de la maintenance parodontale (ou thérapeutique parodontale de soutien), trop souvent négligée alors qu'elle conditionne le succès à long terme.

Concrètement, il s'agit de séances de contrôle et de nettoyage professionnel tous les 3 à 6 mois selon le profil de risque. Le praticien vérifie la stabilité des poches, élimine la plaque et le tartre réapparus, et intervient au moindre signe de reprise. Sans cette maintenance, le risque de récidive est élevé, même après un traitement initial réussi. À cela s'ajoutent les leviers personnels : arrêt du tabac, contrôle du diabète, hygiène quotidienne irréprochable.

Quels professionnels consulter, et quand ?

Le premier interlocuteur est le chirurgien-dentiste traitant, qui réalise le bilan, le détartrage et le surfaçage, et assure la maintenance. Il peut prendre en charge la majorité des parodontites.

Pour les cas complexes, avancés ou nécessitant une chirurgie, il peut orienter vers un parodontiste, chirurgien-dentiste spécialisé en parodontologie. Le bon réflexe : consulter dès les premiers signes (saignement, gencives gonflées, mauvaise haleine persistante), sans attendre la mobilité dentaire. Plus la prise en charge est précoce, plus elle est simple et le pronostic favorable.

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Combien coûte le traitement de la parodontite ?

C'est une question légitime, car la prise en charge est particulière en France. Voici les repères, étant entendu que seul un devis personnalisé fait foi.

💶 Tarifs indicatifs et remboursement

Détartrage

Remboursé (60 %)

Tarif conventionné 28,92 €, remboursé à 60 % par la Sécurité sociale.

Bilan parodontal

~ 50 €

Examen complet des gencives, sondage et radiographies.

Surfaçage radiculaire

Hors nomenclature

Environ 100 à 300 € par séance, souvent 600 à 1000 € pour un traitement complet. Non remboursé par la Sécu.

Laser / chirurgie

Hors nomenclature

Laser environ 2 500 €, chirurgie de régénération jusqu'à 5 000 €. Non remboursés par la Sécu.

Un traitement complet se situe souvent entre 1 000 et 5 000 € selon la gravité. La mutuelle avec forfait parodontologie est déterminante. Cas particulier : prise en charge spécifique pour les diabétiques en ALD. Demandez toujours un devis détaillé.

Le point essentiel à comprendre : la plupart des actes parodontaux spécifiques (surfaçage radiculaire, laser, chirurgie) sont classés hors nomenclature par l'Assurance Maladie et ne sont donc pas remboursés par la Sécurité sociale. Seuls quelques actes le sont, comme le détartrage classique (tarif conventionné 28,92 €, remboursé à 60 %) et les radiographies.

En pratique, les tarifs constatés sont d'environ 50 € pour un bilan parodontal, 100 à 300 € par séance de surfaçage (souvent 600 à 1000 € pour un traitement complet), autour de 2 500 € pour un traitement au laser, et jusqu'à 5 000 € pour une chirurgie de régénération. Un traitement complet se situe le plus souvent entre 1 000 et 5 000 € selon la gravité.

La mutuelle joue donc un rôle déterminant : seules les complémentaires disposant d'un forfait parodontologie dédié couvrent ces actes hors nomenclature. Le réflexe indispensable : demander un devis détaillé et le transmettre à sa mutuelle avant de commencer.

Un cas particulier à connaître : les patients diabétiques en ALD bénéficient d'une prise en charge spécifique de certains actes parodontaux (dans une limite encadrée, sur entente préalable), en raison du lien démontré entre diabète et parodontite.

Parodontite et santé générale

Traiter une parodontite, ce n'est pas seulement préserver ses dents. Cette infection chronique est liée à plusieurs pathologies générales : maladies cardiovasculaires, diabète (relation bidirectionnelle), et certaines complications de grossesse. Stabiliser une parodontite contribue donc à la santé globale, ce qui rend le traitement d'autant plus utile.

Pour aller plus loin

Cet article vous a aidé à comprendre le traitement de la parodontite ? Découvrez aussi nos articles sur la parodontite, la parodontologie, la gingivite, le bilan parodontal et l'abcès parodontal.

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FAQ : Traitement de la parodontite

Le traitement de la parodontite est-il douloureux ?
Non. Le surfaçage radiculaire, cœur du traitement, est réalisé sous anesthésie locale et est indolore pendant l'acte. Une sensibilité des gencives peut persister un à deux jours après chaque séance, mais elle reste modérée et bien supportée. Les éventuelles interventions chirurgicales sont également réalisées sous anesthésie.

Combien de séances faut-il pour traiter une parodontite ?
Le traitement non chirurgical se déroule généralement en plusieurs séances, souvent une par quadrant ou sextant de la bouche, réparties sur quelques semaines. S'y ajoutent une réévaluation puis des séances de maintenance régulières. Le nombre exact dépend de la sévérité de l'atteinte.

Faut-il toujours des antibiotiques pour soigner une parodontite ?
Non. Les antibiotiques ne sont pas systématiques : le traitement mécanique (détartrage, surfaçage) reste la base et ne peut être remplacé. Les antibiotiques sont réservés à certaines formes agressives, aux abcès ou à des contextes particuliers, toujours en complément et sur décision du praticien.

Le traitement de la parodontite est-il remboursé ?
Très partiellement. Le détartrage et les radiographies sont remboursés par la Sécurité sociale, mais le surfaçage radiculaire, le laser et la chirurgie sont hors nomenclature et non remboursés. Seule une mutuelle avec forfait parodontologie couvre ces actes. Les patients diabétiques en ALD bénéficient d'une prise en charge spécifique encadrée.

La parodontite peut-elle réapparaître après traitement ?
Oui, la parodontite est une maladie chronique qui peut récidiver sans suivi. C'est pourquoi la maintenance parodontale (contrôles et nettoyages tous les 3 à 6 mois) et une hygiène quotidienne rigoureuse sont indispensables pour maintenir la stabilité obtenue.

Le surfaçage radiculaire suffit-il à guérir la parodontite ?
Dans une majorité de cas, le traitement non chirurgical, dont le surfaçage, suffit à stabiliser la maladie. Une réévaluation quelques semaines plus tard permet de le vérifier. Si des poches profondes persistent, une étape chirurgicale peut être proposée. Dans tous les cas, la stabilisation dépend ensuite de la maintenance et de l'hygiène.

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